La mer ondule, vivante,
forte, profonde, fragile.
Elle porte et emporte
le bateau de nos projets.
Des milliards de milliards
de gouttes unies par le vent
dressent des murs d’eau,
cathédrales en mouvement.
Océans en furie,
violence des gouttes,
vagues contre les digues,
qui fracturent la roche.
Naviguer dans le vrai,
rester liés à la vie.
La vague nous porte
vers notre cap.
Naviguer avec toi,
faire monter la vie à bord,
écouter les éléments,
et faire corps avec le vivant.
La vague avance et porte
tous les mondes à la fois :
terre et mer unis
dans ce mouvement qui dure.
Mouvement encore et encore,
seul élément stable,
De la mer puissante qui appelle,
profonde, immense, vitale.
Courants de chaleur,
pluies qui nourrissent,
volcans sous-marins :
notre vie en dépend.
Lave rouge sous l’écorce,
océan bleu tout autour,
immensité de verdure :
notre vie y est suspendue.
Cette vie si organisée,
précise et poétique,
nous rappelle une vérité :
le vivant ne se contrôle pas.
C’est la vie qui nous traverse,
c’est la vie qui nous domine,
sans nous retenir,
mais pour nous remettre au monde.
Dans la nature,
l’équilibre est mouvement.
La respiration est vie,
et la vie est désir et choix.
La vie est fruit du lien,
et le lien est la rencontre,
de l’amour et de la liberté.
Je veux naviguer en vie,
je veux la vie à bord,
prendre le quart avec toi
dans l’envie et dans la nuit.
Quand le doute s’installe,
je veux écouter ce qui bat
dans le fond du cœur,
là où l’océan parle.
Quand la vague emporte,
quand la peur se délie,
quand tout vacille encore,
je veux choisir la vie.
Naviguer avec toi,
tenir le cap sans posséder,
laisser venir le large,
et faire confiance au vivant.
Quand la vague revient,
Quant le souffle insiste,
Quand la vie gagne,
toujours.

